C'est reparti pour un article de la Saga...
Nous sommes en juin 1999 et la fête de la musique a été un succès. Pour notre premier concert, nous avons donné du plaisir à un public qui n'était pas descendu dans les rues spécialement pour nous voir mais que l'on su séduire et qui est resté. Ce fut une belle fête et, à présent, je n'ai d'autre but que de réïtérer cette expérience. Quand on a goûté aux parfums de la scène, on a une seule envie, c'est d'y retourner.
Les répétitions reprennent dans notre petit local au rythme régulier de 2 fois par semaine, l'ambiance est sympa entre les musiciens mais, ils n'ont pas l'air très pressés de remettre ça. Ils se montrent minitieux à l'extrême, travaillant et retravaillant inlassablement les mêmes morceaux que, pourtant, ils connaissent par coeur. J'ai l'impression qu'on pourrait les interprêter dans le noir absolu tellement on les a joué ! Les jours passent, les semaines défilent et bientôt l'été tire à sa fin sans que l'on ait pu se produire une nouvelle fois en concert. Moi, je m'impatiente d'autant plus que je pense que nous perdons notre temps, coincé dans ce local suffocant orienté plein sud, à l'intérieur duquel nous transpirons toute l'eau de nos corps dès après la première chanson. Et, je ne suis pas loin de m'ennuyer...
Un évènement va se produire dans le courant du mois d'août. Florent, le bassiste, a reçu par courrier la confirmation de son inscription dans une fac parisienne. C'est une excellente nouvelle pour ce qui concerne la suite de ses études parce qu'il a bossé dur pour l'obtenir et qu'il le mérite. Cela signifie également son départ dès septembre. Le groupe perd une partie de sa section rythmique. Il faut chercher un nouveau bassiste pour remplacer Florent mais, cela s'avère complexe car Bullu, le batteur, est orphelin de son ami bassiste avec lequel il entretenait une relation musicale forte. Cette nouvelle va précipiter l'arrêt de notre aventure commune car on ne remplacera jamais Florent. Ce bout de chemin fait ensemble aura été court mais intense et je n'en garde que d'excellents souvenirs. Le groupe se sépare amicalement et c'est peut-être mieux ainsi car, avec quelqu'un d'autre, ça n'aurait sans doute jamais été pareil...
Courant septembre, l'infatiguable Bullu m'appelle. Il souhaite remonter une formation et s'essayer à la composition. Il sait que moi-même j'écris et compose et il veut me présenter un guitariste. J'accepte de rencontrer le guitariste en question et, le jour venu, je tombe sur Hugues auteur-compositeur-guitariste-bassiste mais, également,...... ami d'enfance avec lequel j'ai usé mes fonds de jean's Levi's sur les bancs du collège de la 5ème à la 3ème !!! La vie nous en réserve parfois des insoupçonnées, pas vrai ? Je suis très intéressé par le projet d'autant que mes textes, jusque là rangés dans mes tiroirs, vont enfin prendre vie. La formation s'appellera "Saint-Fé".
Hugues est un musicien tout ce qu'il y a plus éclectique. Autodidacte, il peut tout jouer avec ce feeling et cette émotion que seuls ceux qui ont appris loin des rigueurs des écoles peuvent vous transmettre. Quoi qu'il interprête, que ce soit du Rock, du Blues, du Funk, son jeu en improvisation vous donne les frissons dès qu'il touche la guitare. Je sens que ça va coller et qu'on va tout déchirer ! Alors, on se lance et, tels des bohémiens écumant le bitume, nous partons ensemble à l'aventure.
Très vite, les premiers morceaux vont naître de cette collaboration, des morceaux plutôt Blues-Rock avec des tournes de batterie péchus, des rythmiques saturées mais, aussi, d'autre plus intimistes avec seulement une guitare folk et ma voix. Je m'éclate et je découvre à quel point la composition est quelque chose de magique. Le moment où les notes vont entrer en relation avec les mots, l'instant précis où le texte rencontre sa musique est à peu près inimaginable car impossible à prévoir. C'est comme si cela nous échappait, comme si ça tombait naturellement de ciel, comme si c'était irréel.
Quelquefois, on peut passer des heures à chercher en vain l'accord qui ira le mieux avec telle ou telle phrase, qui viendra soutenir et/ou enrichir le sens des phrases. Des heures que l'on croit perdues parce qu'improductive sur le moment. La déception, l'agacement, parfois l'énervement peuvent s'emparer de nous. Et puis, un jour, alors qu'on a décidé de travailler tout autre chose, l'étincelle est là qui jaillit sans crier gare, nos yeux s'écarquillent et se cherchent comme pour trouver dans le regard de l'autre l'émotion qui avalisera celle que l'on est en tran vivre. Mais, bon sang, c'est ça !!! L'alchimie s'est faite à nos corps et nos esprits défendant, presque sans que l'on s'en aperçoive. Quand ça sort de nous, comme ça, à l'improviste, on est dans la création pure et ça porte un nom : l'inspiration...
La chanson que je vous propose d'écouter aujourd'hui est un peu née ainsi. J'avais pondu un texte dont je ne savais que faire. Je le trouvait sympa, sans plus. Un jour, Hugues passe me voir chez moi. Il me tend un CD et me dit : "Ecoute ça !". Immédiatement, je me rue sur mon porte-vues où sont rangés mes textes. J'ouvre, je fouille frénétiquement et je fais maladroitement tomber une feuille. On dirait un jeune premier un soir de noce ! Aaaah ! Le voilà ! Je l'ai entre les mains ! Hugues m'inspecte, l'air interrogatif alors que je commence à fredonner les parôles sur sa musique. La mayonnaise dont j'ignore tout de la recette prend ! Alchimie, inspiration...
Ce morceau n'est pas finalisé. Vous allez écouter une pré-maquette du morceau final réalisée sur Q-Base VSt 24, un logiciel de musique. Les arrangements ont été réalisé à la va-vite, le mixage n'est pas ce qu'on appelle être un travail de pro et la voix est un premier jet qui n'a pas été travaillé. Mais, elle a le mérite d'exister et vous me direz, en tout honnêteté, ce que vous en pensez. L'enregistrement final, comme pour toute nos compositions, a bien sûr été déposé à la Sacem afin de protéger nos droits. Je peux donc le publier tranquillement. Bonne écoute...
Lesartsvert, contacte ton copain producteur. On ne sait jamais...





